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Réflexion • VIH ou sida, comment en parler?

3 février 2021
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Lorsqu’il est question de santé, l’utilisation judicieuse des mots est essentielle. L’utilisation d’une terminologie adéquate, soulignant une compréhension de la réalité de chaque personne et une sensibilité à celle-ci, autant de la part des professionnel.le.s de la santé, des intervenant.e.s ou de l’entourage, favorise l’acceptation d’une condition de vie et l’empowerment de la personne concernée. Ainsi, une attention portée aux mots utilisés pour référer à la réalité des personnes vivant avec certaines conditions de santé, telles que celles vivant avec le virus d’immunodéficience humaine (VIH), pourrait amener à une remise en question du langage utilisé et à une réflexion critique.

Aujourd’hui, la prise adéquate du traitement antirétroviral permet aux personnes séropositives d’atteindre une charge virale indétectable et donc, rend impossible la transmission du virus (CATIE, 2017). Malgré ces avancées médicales ayant complètement transformé la réalité des personnes séropositives, la peur ressentie par la société envers le virus et envers les personnes touchées persiste, entraînant la stigmatisation de ces dernières, et ce, mondialement. Pour les personnes vivant une forme d’oppression systémique, l’utilisation de termes non adéquats peut amplifier la stigmatisation vécue ainsi que ses conséquences, autant sur la santé mentale que physique (Meyer, 2003; Vojak, 2009). 

D’abord, il est essentiel de différencier le VIH du sida et d’utiliser le terme juste, correspondant à la situation de santé de la personne, afin d’éviter toute confusion. En fait, le VIH est le nom du virus. Ce dernier provoque une déficience immunitaire qui, sans traitement, provoquera des complications, soit le syndrome d’immunodéficience acquise, communément appelé le sida (PVSQ, 2019). Utiliser le terme « sida » pour identifier une personne vivant avec le VIH peut être considéré comme très péjoratif, puisque cela perpétue l’association entre ce virus et une santé très affaiblie, voire même une association directe à la mort. Toutefois, cela ne représente plus la réalité actuelle. En effet, la majorité des personnes vivant avec le VIH, dont l’entièreté des personnes sous traitement font partie, ne se rendront jamais à la phase sida. 

L’utilisation de termes comme « personne infectée par le VIH », « personne VIH » ou « patient.e atteint.e du sida » est à éviter puisqu’ils sont lourds de sens et étiquettent les personnes en fonction de leur état de santé (CPHA, 2019; ONUSIDA, 2011). Bien que « personne séropositive » soit un terme couramment utilisé, Les 3 sex* privilégie « personne vivant avec le VIH ». Cela évite de réduire l’identité de la personne à son statut sérologique et soutient l’idée qu’il ne s’agit plus d’une condamnation, mais d’une réalité avec laquelle il est possible de vivre, à la fois en santé et durant de nombreuses années (ONUSIDA, 2011). Toutefois, pour certaines personnes, affirmer « je suis VIH » peut être une forme d’empowerment, en intégrant son statut sérologique comme une identité en soi, comme un élément central à sa personne. Il demeure donc essentiel de respecter l’identification qui est préférée par la personne concernée.

Alors que les mots que nous utilisons quotidiennement peuvent paraître banals, ils reflètent nos pensées en soulignant entre autres des relations de pouvoir et des stéréotypes. Les termes utilisés peuvent renforcer les images négatives d’un groupe ou d’une personne au sein de la société, participant au maintien de leur exclusion sociale (Vojak, 2009). L’utilisation de termes justes et respectueux peut faire toute la différence dans la vie d’une personne et l’acceptation de sa réalité.

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Références
VIH, sida, mot, stigmatisation, affirmation, choix, respect, ITSS, vocabulaire

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