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Mieux comprendre la pédophilie

1 juin 2021
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Depuis 2015, l’Institut Philippe-Pinel reçoit des hommes dans son Laboratoire d’évaluation des préférences sexuelles, généralement dans le cadre d’un procès criminel en lien avec des accusations de nature sexuelle (exhibitionnisme, pédopornographie, pédophilie, etc.). Dans cette salle, à l’aide de capteurs de mouvements oculaires, d’électrodes et d’un pléthysmographe pénien (un appareil qui mesure l’afflux sanguin dans le pénis), on évalue les réponses physiologiques liées à l’excitation des patients à qui sont présentés des scénarios audios et des images d’animation 3D. Les scénarios et les images sont variés, représentant des adultes et des enfants dans des situations plus ou moins violentes, ce qui crée parfois un grand inconfort chez les hommes qui y sont confrontés.

Après l’évaluation, le résultat est tout de suite donné aux patients. Ceux qui réagissent le plus fortement sont souvent ceux qui se font dire qu’ils ont une préférence sexuelle pour les enfants. En effet, même s’ils ont eu des comportements pédocriminels, plusieurs de ces personnes refusent de reconnaître leur pédophilie en raison de la honte qu’ils ressentent.

Dans une entrevue accordée à La Presse par trois hommes ayant consommé de la pédopornographie et s'étant fait attraper, la honte est d’ailleurs une émotion qui revient, tout comme le dégoût de soi. Ils ont tous, à leur manière, commencé avec du contenu soft (de la pornographie classique, de jeunes adultes, etc.). Malheureusement, pour maintenir le niveau d’excitation, il leur a fallu de images nouvelles, plus intenses, et ils se sont retrouvés pris dans l’engrenage d’une spirale dégénérescente, comme de nombreux autres. Par ailleurs, le fait que ce type de contenu soit accessible sur Internet et, surtout, particulièrement facile d’accès, contribue au détachement émotionnel, à l’objectification des enfants qu’ils regardent. Il devient alors possible pour ces gens d’ignorer l’aspect criminel et moral de leur problème, entre autres parce que les images ont « déjà été filmées », ce qui leur donne l’impression que le crime a été commis par quelqu’un d’autre.

Si vous ou un homme que vous connaissez vivez un enjeu en lien avec la pédophilie, vous pouvez contacter le groupe d’entraide Amorce au 514 355-8064.

Référence
https://www.lapresse.ca/actualites/enquetes/2021-05-30/l-autre-epidemie/dans-la-tete-des-pedophiles.php

pédophilie, pédopornographie, pornographie, crime, Institut Philippe-Pinel, préférence sexuelle, enfant, excitation sexuelle, Internet, violence, honte, dégoût, détachement émotionnel, objectification

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