unsplash/Nik Shuliahin – Photo modifiée par Les 3 sex*

Déviance sexuelle : risque de récidive dû aux listes d’attente

2 juin 2021
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Selon l'enquête de Gabrielle Duchaine et Caroline Touzin sur l'exploitation sexuelle des mineur.e.s sur Internet publiée dans La Presse, le manque de places en thérapie a un impact direct sur le risque de récidive des délinquant.e.s sexuel.le.s. Les centres de traitement spécialisés dans les délits sexuels ont des listes d'attente allant jusqu'à deux ans et ne cessent de s'allonger. Depuis la vague de dénonciations #MoiAussi en 2017, les demandes de conseils thérapeutiques ont considérablement augmenté, ce qui alourdit davantage le nombre de demandes.

La liste d'attente est un obstacle à la réhabilitation des patient.e.s, qui ne peuvent souvent commencer une thérapie que longtemps après leur condamnation. Certain.e.s abandonnent le processus lorsque leur probation prend fin et que leur obligation de suivre une thérapie est levée. Dans d'autres cas, les juges prolongent la probation des patient.e.s, jugeant qu'ils et elles n'ont pas rempli les conditions de leur libération en raison des retards dans les listes d'attente, créant une frustration qui interfère avec la thérapie. Une minorité de patient.e.s sont inscrit.e.s sur la liste d'attente volontairement, avant d'être arrêté.e.s pour des crimes sexuels ou avant d’en avoir commis. Certain.e.s patient.e.s qui n'ont pas encore reçu d'aide thérapeutique vont récidiver avant de recevoir de l'aide. Jusqu'à 18 % des individus non traités récidivent, selon diverses méta-analyses rapportées par La Presse. La récidive sexuelle diminuerait de 40 % lorsqu'il y a une intervention thérapeutique et un traitement réussi.

Selon le Regroupement des intervenants en matière d'agression sexuelle (RIMAS), au Québec, presque 400 adultes et environ 60 adolescent.e.s sont en attente d'une thérapie spécialisée. La moyenne d’attente est maintenant de neuf mois en 2020-2021, alors qu'elle était de quatre mois en 2018-2019 pour les adultes. Pour les adolescent.e.s, l'attente est passée d'un mois à quatre mois pour la thérapie de groupe et à sept mois pour la thérapie individuelle.

Référence
https://www.lapresse.ca/actualites/enquetes/2021-05-31/traitement-des-delinquants-sexuels/des-listes-d-attente-tres-preoccupantes.php 

psychothérapie, réhabilitation, déviance sexuelle, psychologie, pédophilie, crime, récidive, exploitation sexuelle, mineur, délit sexuel

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