T.W. transphobie, violences sexuelles
La Presse monopolise un rapport du Service correctionnel du Canada (SCC) afin de mettre en lumière un discours polarisé au sujet de l’incarcération des personnes trans.
Dans le rapport, les femmes trans y sont dépeintes comme étant plus violentes que la population carcérale générale. Les données montrent qu’elles ont été davantage accusées de crimes sexuels, d’homicides et de crimes violents que leurs pair.e.s. Dans 9 cas sur 10, les infractions auraient été commises avant que les personnes fassent (ouvertement) leur transition. Cet élément du rapport suggère la possibilité que la transition soit utilisée comme prétexte afin de pouvoir se rapprocher de potentielles victimes. En Écosse, un débat public donne actuellement du poids à cet argument et menace une politique permettant le transfert de femmes trans vers des pénitenciers pour femmes.
Au Canada, tou.te.s les détenu.e.s peuvent être placé.e.s dans leur « établissement préféré », en fonction de ce « qui correspond le mieux à leur identité ou expression de genre », sans égard au sexe assigné à la naissance ou au stade de la transition. La seule raison pouvant être invoquée pour refuser le transfert d’une personne vers l’établissement de son choix est l’existence de « préoccupations dominantes en matière de santé ou de sécurité ».
En juillet dernier, une étude publiée dans le British Journal of Criminology s’est intéressée au point de vue des prisonnières cisgenres sur la cohabitation avec des femmes trans. Les témoignages ont démontré que plusieurs participantes rejettent l’idée qu’être en contact avec des femmes trans les mettrait en danger. Une femme disait même : « Il y a des détenues cisgenres qui représentent un danger plus important pour les femmes vulnérables que [le risque] que peuvent représenter les détenues transgenres ».
Au regard du rapport du SCC et des récents événements en Écosse, le directeur du cabinet du ministre de la Sécurité publique, Alexander Cohen, soutient qu’il n’y aura pas de changement prévu à la politique en vigueur au Canada. Il souligne toutefois que la situation le préoccupe et qu’elle sera étudiée avec son cabinet.
Les 3 sex* n’approuve pas les propos transphobes rapportés dans l’article de La Presse et suggère plutôt l’importance de s’intéresser à la fragilité des droits des personnes trans incarcérées.
Source
https://www.csc-scc.gc.ca/005/008/092/005008-r442_E-fr.pdf
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