Pexel/Cedric Fauntleroy – Photo modifiée par Les 3 sex*

Progrès insuffisants pour contrer les mutilations génitales féminines

29 mars 2024
Florence Bengle
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Malgré un objectif d’éradication de la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) d’ici 2030, l’ONU dénonce la hausse des cas observés dans la dernière décennie, rapporte Le Monde

En effet, le nombre de femmes* ayant subi ces mutilations est passé de 200 à 230 millions en 8 ans, une augmentation expliquée par la croissance démographique des régions concernées. La majorité des pays où se pratiquent les mutilations se trouvent en Afrique (144 millions), au Moyen-Orient (6 millions) ainsi qu’en Asie (80 millions). La directrice de l’UNICEF, Catherine Russell, met d’ailleurs en garde que l’âge auquel se font ces interventions est de plus en plus jeune, se produisant dans certains cas avant le cinquième anniversaire. Ceci a pour effet de diminuer la fenêtre temporelle permettant la prévention des mutilations.

Ces pratiques sont souvent justifiées par l’importance de la chasteté chez les femmes. De manière plus concrète, l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) fait valoir que les MGF sont, dans certaines communautés, un pré-requis pour le mariage et servent de garantie de virginité. Ainsi, infliger des mutilations aux jeunes filles serait donc un facteur déterminant de leur inclusion sociale.

Les MGF sont d’ailleurs médicalisées dans certains pays et bien que cette médicalisation prévienne certaines complications immédiates, telles que l’hémorragie, elle n’exempte pas les femmes des obstacles à long terme comme les difficultés à uriner, les douleurs pendant les rapports sexuels et les complications lors d’un accouchement.

La clé du changement résiderait, selon Michelle Perrot, directrice de l’ONG Plan international, dans la sensibilisation aux conséquences des MGF sur la santé des femmes. La reconnaissance de ces conséquences par les communautés ciblées permettrait ainsi d’encourager l’adoption de rites alternatifs.

***

*Bien que les personnes ayant eu une MGF ne s’identifient pas toutes comme des femmes, c’est le terme qui est utilisé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’ONU ainsi que la quasi totalité des écrits scientifiques. Il est primordial de reconnaître que des personnes ayant des vulves et ayant eu une MGF peuvent avoir une identité de genre différente, néanmoins, dans le cadre de ce résumé d’actualité, les termes « femmes » et « filles » sont utilisés afin de rester fidèle aux propos rapportés dans l’article. 

Référence
Contre les mutilations génitales féminines, des progrès insuffisants

mutilation génitale féminine, santé des femmes, santé reproductive, excision, infubilation, clitoris, santé sexuelle

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