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Aliénation parentale : dans les nuances du débat

8 avril 2024
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Depuis plusieurs mois, des groupes de défense des droits des femmes unissent leurs forces pour faire interdire l’utilisation du concept d’aliénation parentale devant les tribunaux dans les cas de violence conjugale, mais aussi dans les causes liées à la garde des enfants. Radio-Canada a rencontré une femme victime de violence conjugale qui voit des angles morts dans les revendications des groupes féministes. 

Simone, interviewée par la journaliste Émilie Dubreuil, raconte comment son ex-conjoint violent a monté sa fille contre elle après qu’elle ait finalement eu le courage de le quitter. Il y a deux ans, sa fille adolescente a fait le choix de vivre chez son père. Elle n’a plus aucun contact avec sa fille depuis.

Selon des groupes de défense des droits des femmes comme Juripop, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale ou encore l’Association nationale femmes et droit, l’aliénation parentale est un « pseudo-concept non scientifique ». Ces groupes estiment que ce concept est utilisé par des ex-conjoint.e.s violent.e.s pour détourner l’attention de la violence qu’ils ou elles ont commise. Par exemple, quand un.e enfant a été témoin de gestes violents et ne veut plus voir le parent à l’origine de ces gestes après la séparation des parents, le parent violent dira que c’est l’autre parent qui lui a mis ça dans la tête et que l’enfant est victime d’aliénation parentale.

Simone, qui a vécu une situation différente, « vit cette fronde contre ce concept comme un coup à l’estomac. » Selon elle, les militant.e.s qui s’en prennent à l’aliénation parentale manquent de nuances. En voulant sauver un type de victimes, elles invisibilisent d’autres victimes, comme Simone.

Selon Suzanne Zaccour, directrice des affaires juridiques à l’Association nationale femmes et droit, les situations comme celle que vit Simone sont bel et bien réelles. « Ça ne veut pas dire que le concept [de l’aliénation parentale] est approprié pour les décrire », ajoute-t-elle.

Référence
https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2062432/alienation-parentale-simone-victimes-enfants?fromApp=rcca_appmobile_appinfo_android&fromMobileApp=android&marketingCloudId=f424eba1-af01-4655-9c13-3ef9dc522c3b 
https://www.lapresse.ca/actualites/2024-02-07/des-groupes-veulent-que-les-accusations-d-alienation-parentale-soient-interdites.php

aliénation parentale, violence conjugale, sexisme, juridique, féminisme, femmes, droit familial, enfants

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