Une enquête menée par 24 heures révèle que les personnes non binaires ont deux fois moins de chance d'être convoquées pour une entrevue d’embauche que les personnes s’identifiant comme homme ou femme.
Pour cette enquête, la journaliste Elizabeth Ménard a créé deux CV fictifs presque identiques et a postulé à une centaine d’offres d’emploi à travers le Québec. L'un des CV présentait Charlie Labonté, une personne qui spécifiait s’identifier comme non binaire, tandis que l'autre était au nom de Noémie Laberge, et ne faisait aucune référence au genre.
Dans les semaines qui ont suivi l’envoie des CV, Charlie a reçu six appels contre douze pour Noémie. Neuf cas ont exclusivement contacté Noémie. Caroline Boyce, conseillère en ressources humaines, souligne que devant des CV équivalents, il n'y avait aucune raison valable de choisir Noémie plutôt que Charlie. Contacté.e.s par le 24 heures par la suite, les gestionnaires ayant préféré Noémie ont nié toute intention discriminatoire, attribuant leur choix à des coïncidences ou des erreurs. Plusieurs de ces entreprises affirment même promouvoir la diversité et l'inclusion au sein de leur personnel.
Toutefois, une porte-parole de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), elle aussi contactée par le 24 heures, rappelle que « l’analyse d’une situation potentielle de discrimination se fait sur la base des effets discriminatoires et non de l’intention ». Elle mentionne également que les conclusions de l’enquête sont « très préoccupantes ».
Olivia Baker de la Fondation Émergence trouve ces résultats préoccupants, bien que peu surprenants. Elle rappelle qu’en 2020, un sondage Léger a révélé que 31 % des Québécois.e.s hésitent à embaucher des personnes trans.
Rappelons que la Charte des droits et libertés du Québec interdit la discrimination sur l’identité ou l’expression de genre.
Référence
https://www.24heures.ca/2024/05/17/la-moitie-moins-dappels-pour-le-meme-cv
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