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Témoignage • Me faire plaiz’

14 février 2020
Ana
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Les témoignages sont des textes produits par des personnes ne provenant pas obligatoirement des disciplines sexologiques ou connexes. Ces textes présentent des émotions, des perceptions et sont donc hautement subjectifs. Les opinions exprimées dans les témoignages n'engagent que leurs auteur.e.s et ne représentent en aucun cas les positions de la revue.

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Mon expérience de célibat ?
Elle a été courte. Mais révolutionnaire.

J’avais toujours enchaîné les relations assez longues (de un à trois ans) depuis mes 14 ans. Puis, à 19 ans, je me suis retrouvée le cœur brisé, seule. Cette année-là a été une année de reconstruction. Difficile de vous expliquer à quel point je ne trustais pas ma meilleure amie le jour où elle m’a dit : «Tu vas voir, au début c’est difficile d’être seule, mais après tu vas kiffer! ». Un an après, c’est moi qui le recommandais aux gens.

J'ai appris à aimer être avec moi-même pour avoir le temps :

• D’écrire;

• De m’observer;

• De mettre sur papier mes aléas d’émotions;

• De repérer des régularités dans ces aléas d’émotions;

• D’apprendre à vraiment me connaître;

• De regarder mes relations précédentes avec du recul;

• De pardonner à mes partenaires et à moi.

Je trouvais ça vraiment bien! J’ai aussi appris à aller au resto toute seule. Ça ne me dérange vraiment plus du tout maintenant. Je ne ressens même plus la gêne que je pouvais éprouver avant!

J’ai aussi appris à me connaître en draguant. Ça faisait un bout de temps que j’avais pas dragué. C’est dingue comment on en apprend, même avec les coups d’un soir. Draguer, c’est d’abord une rehausse d’estime de soi, puis ça m’a aussi appris à relativiser quand ça fonctionne pas. Comprendre que le problème ne vient pas de moi, mais juste du fait que ça ne match pas quoi. J’ai appris que les coups d’un soir c’était finalement pas ce qui me plaisait le plus non plus. J’aime mieux les one-night stands qui s’étalent un peu, du style casual dating, parce que ça nous permet (au partenaire en question et à moi) de développer une aise dans notre sexualité, d’apprendre à nous connaître et là, ça devenait devient plus agréable.

Un jour, un gars, justement qui n’était initialement qu’un one-night, est venu me visiter pendant une semaine. Ça allait être une semaine « de couple », puis retour à la vie de célibataire. Je me souviens très bien qu’en rentrant chez moi le soir, avant qu’il arrive, j’étais trop heureuse dans ma vie et je me suis répété : « Ana, rappelle-toi ton état d’esprit là tout de suite, rappelle-toi ça quand il va partir, rappelle-toi comment ta vie, elle est trop bien, pour ne pas te retrouver triste et décomposée quand il partira. » Et j’ai réussi à m’en souvenir quand il est parti. J’étais même contente de me retrouver toute seule.

Y’a quelque chose de cool à chanter dans la cuisine en me faisant des petits plats, y’a quelque chose de cool à prendre soin de moi, à décider que, si aujourd’hui j’ai envie d’aller lentement, j’irai lentement. Y’a personne d’autre à prendre en compte dans ma journée! J’ai appris à être en paix avec mes sautes d’humeurs. J’ai commencé à faire plein de choses aussi parce que j’avais du temps! L’année dernière, j’ai été en couple pendant un an. On vivait dans la même ville, donc on se voyait souvent, et je me suis rendue compte à quel point ça demande du temps être en couple. Plutôt que de lire, de cuisiner, de créer seule sept soirs par semaine, je j’étais souvent avec l’autre. Bon, c’était cool parce que tous les deux on avait déjà vécu le célibat (lui, volontairement pendant un an), alors on tenait à notre liberté. On ne se voyait pas tous les soirs, justement pour accorder du temps à nos plaisirs personnels. On se l’expliquait comme ça : on a tous les deux appris dans nos moments seuls à nous écouter individuellement et à nous respecter. Du coup, on voulait continuer dans cette dynamique de respect de l'espace de l'autre pour éviter que d’être en couple ne devienne une contrainte. C’est curieux l'inversion qui s'est passée : ce n'est plus le célibat, mais le couple qui est considéré comme contraignant!

Le plus important dans tout ça, c'est que mon année de célibat a été une année où j’ai découvert la masturbation! Je ne m’étais jamais masturbée avant ma rupture avec celui qui m’a laissée avec le cœur brisé. La première fois que je l’ai fait, c’était quand j’étais encore en couple avec lui. Après la rupture, je n’arrivais jamais à me masturber en pensant à quelqu’un d’autre que lui et puis, c’est devenu mon défi : ne plus fantasmer sur lui. Petit à petit, j’ai inventé, j’ai exploré mon imagination pour de vrai! J'ai découvert comment mon plaisir fonctionnait, comment mon corps réagissait, ce que j'aimais et différentes façons d’atteindre l’orgasme. Grâce à ça, ma sexualité était mille fois mieux parce que je savais guider mes partenaires. J’ai découvert plein de fantasmes, notamment que certaines choses m'excitaient alors que je ne m'y attendais pas. Et du coup, j’ai appris à laisser aller mon imagination sans la juger. Me masturber m'a aussi aidée à comprendre mes attirances et à savoir si j'avais vraiment du désir pour quelqu'un.e ou non. Parfois ça fonctionnait, parfois pas, mais j’apprenais toujours quelque chose!

Le célibat a donc été l'occasion d'apprendre à me connaître, à me décomplexer, à passer du temps avec moi-même et à me faire plaisir.

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D'autres témoignages sont disponibles dans le dossier « Célibat. Vers une redéfinition positive ». N'hésitez pas à consulter le dossier en entier pour en connaitre plus sur cette réalité.

Consultez le dossier « Célibat. Vers une redéfinition positive »
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