Michelle Caron-Pawlowsky

Chronique • Comprendre le 1950’s household kink

29 septembre 2020
Alexandra Toupin, B.A. Sexologie
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Si, comme son titre l’indique, la présente chronique a pour ambition de présenter un érotisme bien précis, à savoir le 1950’s household kink1, elle ne pourrait prétendre en faire une analyse savante aussi précise, formelle et vérifiée que si elle traitait d’un sujet directement abordé par la science, comme c’est le cas, par exemple, de l’asphyxie érotique (Baxendale et al., 2019) ou des furries (personnes qui ont un intérêt pour les animaux – imaginaires, mythologiques ou réels – anthropomorphiques ou « anthropomorphisés » qu’ils peuvent incarner grâce à divers accessoires et mises en scènes, se rapprochant ainsi de leur sentiment identitaire intrinsèque; Julien-Saavedra, 2014; Hsu et Bailey, 2019). Or, il n’existe pas d’articles ou d’ouvrages scientifiques raisonnablement accessibles abordant le cas précis de l’érotisation des ménages des années 50. Quoi qu’il en soit, il est possible d’en faire une analyse à partir de publications scientifiques sur l’érotisme en général de même qu’à partir de témoignages proposés par des kinksters2. Il est à noter que pour l’analyse de cet érotisme, seuls les documents publiés en français et en anglais et portant sur des populations occidentales (Amérique du Nord et Europe de l’Ouest) ont été retenus, considérant que l’image idéalisée des années 1950 peut varier d’une culture à une autre.

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Le 1950’s household kink désigne l’excitation, le désir ou le plaisir qu’éprouve une personne lorsqu’elle est exposée à des stimuli qui lui évoquent les années 50 [crédit photo: Flickr].
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Distinguer érotisme, kink et paraphilie

L’érotisme désigne non seulement l’excitation sexuelle ou génitale déclenchée par des stimuli particuliers, mais aussi l’énergie qui s’accumule ou se déploie dans la tête et dans le corps à l’évocation de ces stimuli (Newmahr, 2014). L’érotisme est un terme qui en englobe d’autres, comme le désir et le plaisir. Il caractérise cet objet, cette circonstance ou cet élément qui motive le désir, qui génère le plaisir, qui prend source dans le corps et qui s’y déverse (Newmahr, 2014). Le terme « kink » est quant à lui un mot d’argot anglais qui désigne une préférence pour des activités sexuelles considérées comme non traditionnelles ou inhabituelles (Zeglin et al., 2018). Il n’existe pas vraiment d’équivalent en français pour ce mot et il ne faudrait pas le confondre avec la paraphilie, terme péjoratif lorsqu’il prétend définir comme anormal « […] tout intérêt sexuel intense et persistant, autre que l’intérêt sexuel pour la stimulation génitale ou les préliminaires avec un partenaire humain phénotypiquement normal, sexuellement mature et consentant. » (American Psychiatric Association, 2015, p. 807).

Le 1950’s household en tant qu’érotisme : de quoi s’agit-il exactement?

L’érotisation des ménages des années 1950, ou 1950’s household kink, désigne donc l’excitation, le désir ou le plaisir qu’éprouve une personne lorsqu’elle est exposée à des stimuli qui lui évoquent les années 50, en particulier les configurations esthétiques et les styles relationnels associés à cette période sociohistorique. Il faut bien comprendre que ces individus recherchent une image idéalisée des années 50.

Il ne s’agit pas d’une quête de la vie telle qu’elle pouvait l’être au milieu du XXe siècle, dans un désir de fidélité synchronique absolue, mais plutôt d’une quête de l’utopie subjective que l’individu se construit dans sa manière d’envisager cette période.

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Crédit photo : Flickr
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D’après une analyse proposée par Darling (2019), elle-même kinkster du 1950’s household, il est possible de distinguer trois grandes catégories de contenu érotisé, à savoir l’esthétisme des années 50, l’ambiance des années 50 et les dynamiques de pouvoir dans les relations conjugales des années 50. L’esthétisme fait référence aux aspects visuels et sensoriels qui rappellent l’image idéalisée qu’une personne se fait des années 1950. Il peut par exemple s’agir d’objets caractéristiques, d’un style particulier d’architecture ou encore de vêtements et d’accessoires de mode associés à cette décennie. L’ambiance est un concept plus englobant; elle comprend tout ce qui permet à une personne d’avoir l’impression de se trouver dans les années 1950, quoique cela puisse signifier pour elle. Il se peut, donc, que l’ambiance implique des éléments d’esthétisme, des éléments associés aux relations interpersonnelles ou d’un mélange des deux. Par exemple, une personne pourrait érotiser l’ambiance des années 1950 en éprouvant un plaisir tout particulier lorsqu’elle passe une soirée romantique dans un diner rétro situé sur une artère commerciale où la rétine se sature d’enseignes lumineuses colorées, vêtue d’une robe à pois par-dessus un soutien-gorge pointu, les cheveux coiffés en rouleaux de victoire, en écoutant Come Fly With Me de Frank Sinatra et en se délectant d’un pain de viande accompagné d’une purée de pommes de terre bien onctueuse. Le cliché est fort, mais il donne l’idée générale du concept d’ambiance. Ce sont les éléments qui permettent à la personne de se sentir en train de « vivre » les années 50 telles qu’elle les idéalise. L’esthétisme, quant à lui, se limite à des aspects visuels ou sensoriels que la personne estime plaisants, sans toutefois permettre à eux seuls de modifier l’ambiance perçue d’un.e kinkster et sans impliquer ce besoin de se sentir transporté.e dans le temps.

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Crédit photo : Pinimg. Utilisation équitable.
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Crédit photo : LivingHistoryFarm. Utilisation équitable
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Crédit photo : Pinimg. Utilisation équitable
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Des rapports de domination-soumission à l’avant-plan

Si les éléments précédemment mentionnés peuvent s’agencer de manière à hétérogénéiser les expériences subjectives de l’érotisme, il sera au moins question, pour la plupart des kinksters, d’érotiser les rapports de domination et de soumission dans les relations intimes (Darling, 2019). Dans une relation typique, l’une des deux personnes (appelons-la « cheffe du foyer ») aura pour rôle de prendre les décisions importantes pour le ménage, de fournir les ressources financières et de veiller à la discipline domestique, tandis que l’autre personne (appelons-la « ménagère ») aura pour rôle d’accomplir les tâches domestiques (p. ex. la cuisine et le ménage) et d’éduquer les enfants, le cas échéant (Darling, 2019). Au sein de certains couples, les personnes décrivent leur rôle (cheffe de foyer ou ménagère) comme faisant partie de leur identité globale. Il arrive que ces partenaires adoptent un modèle de domination-soumission à temps plein (Bunny, 2018; Darling, 2019). Dans d’autres relations, les jeux de domination et de soumission se présenteront sporadiquement, sans faire partie de la dynamique habituelle des rapports de pouvoir entre les partenaires et sans être ancrés dans leur identité personnelle. D’après une blogueuse du site Web DDLGForum (Guest_BabyPeach_*, 2018), les rôles de genre (attentes culturelles que l’on attribue à un genre) qui sont érotisés dans les ménages de type années 50 sont profondément ancrés dans l’identité des kinksters et c’est justement ce qui en constitue l’attrait premier pour elleux3, qui y voient alors l’occasion d’expérimenter des échanges interpersonnels valorisant ces aspects de leur identité. À l’inverse, sur le même blogue, une autre personne explique qu’elle vit l’érotisme à temps partiel et que le rôle de ménagère n’est pas ancré dans son identité (Little llly, 2018). Pour elle, il représente l’oppression lorsqu’il sort du cadre consensuel d’une dynamique temporaire de domination-soumission (Little llly, 2018).

Les relations idéalisées et érotisées par les kinksters du 1950’s household sont habituellement celles imprégnées de rapports de domination et de soumission, dans lesquelles les femmes4 sont le plus souvent en position de soumission et les hommes sont le plus souvent en position de domination (Darling, 2019). À l’évidence, cet érotisme est aussi généralement plutôt hétéronormatif et binaire dans sa conception du genre. Ainsi, les femmes y adoptent en général des rôles de genre traditionnels féminins, par exemple en demeurant au foyer et en s’occupant des enfants, alors que les hommes y adoptent en général le rôle de pourvoyeurs des ressources financières pour leur famille (DeGroot et al., 2014).

Les couples où la femme adopte un rôle de pourvoyeuse et l’homme un rôle traditionnellement féminin sont appelés les reverse households ou ménages inversés. Dans ces couples, l’identité de genre de l’un et l’autre des partenaires est inchangée; seuls leurs rôles sont échangés.

En ce qui concerne les couples non hétérosexuels et ceux composés de personnes non cisgenres, toutes les combinaisons d’intérêts et de pratiques sont évidemment possibles, chaque situation étant unique et les possibilités en découlant, multiples. Par exemple, dans un couple homosexuel, il se peut que ce qui convienne le mieux aux partenaires soit l'adoption d’un rôle traditionnellement associé au genre féminin (ménagère) par l’un.e des partenaires et l’adoption d’un rôle traditionnellement associé au genre masculin (pourvoyeuse ou pourvoyeur) par l’autre partenaire, sans modification de leur identité de genre. Il est également possible d’imaginer qu’une personne genderfluid puisse pratiquer le 1950’s household kink en éprouvant du plaisir dans le fait d’adopter un rôle de genre précis sans que cela modifie nécessairement son identité de genre. Pour une autre personne, il se pourrait que ce ne soit pas les rapports de pouvoir dans les rôles de genre qui les intéressent, mais uniquement l'esthétisme des années 50 : vêtements, objets, décors, activités, etc. Il est donc difficile de déterminer ce qui appartient à cet érotisme et ce qui n’en fait pas partie puisqu’il y a tant de possibilités et parce que chacun.e peut décider de s’en déclarer kinkster tout en choisissant d'actualiser uniquement les aspects qui lui procurent du plaisir, en délaissant les autres.

Là où il devient pertinent de s’intéresser à cet érotisme, c’est lorsque l’on fait un parallèle entre ce qu’il idéalise et ce qui est idéalisé par des approches féministes et affirmatives des sexualités. En effet, actuellement, les rôles de genre traditionnels binaires et les dynamiques de pouvoir inégal dans les relations conjugales sont généralement envisagés a priori comme opposés à certaines approches féministes selon lesquelles ces rôles seraient incompatibles avec l’émancipation des oppressions sexistes (McLaughlin et Aikman, 2019). À l’inverse, dans une perspective affirmative, libératrice et non pathologisante des sexualités, comme on l’envisage par exemple dans la conceptualisation du BDSM (Bondage/Discipline, Domination/Soumission, Sadomasochisme; Caruso, 2016), les rapports de domination et de soumission dans les relations érotiques peuvent cadrer dans un consentement mutuel et un échange de pouvoir dynamique, collaboratif et autonomisant (Hughes et Hammack, 2019). S’intéresser à l’érotisme des ménages des années 1950, c’est aussi s’intéresser à la manière dont on peut concevoir les rôles de genre, les dynamiques relationnelles et les corporéités stéréotypés des années 1950 à travers une perspective autodéterminante, positive et émancipatrice.

Existe-t-il une communauté pour les kinksters des années 50?

Certain.e.s kinksters font partie de communautés plus ou moins élargies de personnes qui pratiquent ou ont un intérêt érotique pour le mode de vie des années 1950, comme le groupe 1950s Household du site Web FetLife. Cela dit, il ne semble pas que ce soit un aspect central de cet érotisme, puisqu’il faudrait déjà qu’un consensus existe à propos de ce qu’est le 1950’s household, ce qui n’est pas le cas. Par exemple, pour Ericis (2019), c’est un érotisme qui met de l’avant le patriarcat, la monogamie et des valeurs traditionnelles conservatrices des années 1950. Pour d’autres, il s’agit plutôt d’un mode de vie qui priorise la relation de domination-soumission dans un environnement et un esthétisme qui rappelle les années 50 (BlueBliss, 2019; EricSpank, 2019). La communauté autour du 1950's household kink n'étant pas encore très forte, présente ou rassembleuse, il est difficile de déterminer si les reverse households sont bien accueillis en général par les kinksters traditionalistes.

Apprécier la binarité et la complémentarité des genres : oui, mais pas forcément

Au niveau intersubjectif, il semblerait que ce soit principalement l’affirmation de l’identité de genre (subjective) qui soit recherchée dans cet érotisme. L’image véhiculée des relations érotiques des années 1950 est une image largement hétéronormative, au sens où l’hétérosexualité y était la forme privilégiée (voire la seule forme légale) des relations conjugales. L’hétérosexualité était alors envisagée dans un système binaire de division des genres (femmes ou hommes), avec peu de considération pour les autres formes d’expressions et d’identités de genre ou d’orientations sexuelles (Ekins, 2005). Un tel système suppose une complémentarité des rôles de genre entre les hommes et les femmes (Rosik et Byrd, 2007). Dans les contenus médiatiques de cette période, la femme idéale est dépeinte comme jeune, au foyer, tournée vers la famille et objectifiée dans la sexualité, tandis que les hommes sont dépeints comme pragmatiques, réalistes, agentifs, agressifs et parfois violents (Bleakley et al., 2012). Par exemple, la discipline domestique, en référence à l’utilisation de punitions corporelles comme moyen pour maintenir la soumission et le statut dominant dans la relation, est largement acceptée dans les années 1950 lorsqu’elle est utilisée par les hommes (DeGroot et al., 2014). Ces images véhiculées des rôles de genre montrent qu’un style relationnel de type « homme dominant » et « femme soumise », tel qu’il est montré dans les médias de l’époque, permet une certaine forme d’affirmation ou de validation de l’identité de genre subjective de certain.e.s kinksters contemporain.e.s.

C’est donc principalement la possibilité d’explorer une adhésion à certains aspects des rôles de genre traditionnels, de laisser tomber ses barrières et de ne pas sentir la pression de devoir lutter contre les rôles de genre traditionnels qui serait recherchée dans cet érotisme.

Les rôles de genre dits « traditionnels » sont d’ailleurs inspirés de ce que les kinksters perçoivent comme traditionnel et non d’une liste préétablie de critères auxquels se conformer. Ainsi, il ne s’agit pas d’une quête de la conformité à la réalité des années 1950, mais plutôt de l’exploration ou de l’affirmation de son appartenance à des rôles de genre perçus comme traditionnels. De plus, certains aspects des rôles de genre traditionnels peuvent être rejetés par les personnes qui le pratiquent lorsqu’ils ne leur conviennent pas. Il n’y a donc pas de lignes directrices en ce sens.

Comment le corps est-il impliqué dans cet érotisme?

Dans une relation de type domination-soumission, corporellement, le plaisir d’une personne soumise prendrait source dans le fait de pouvoir lâcher prise et de laisser l’autre être responsable de prendre les décisions, échappant ainsi en partie au devoir de réflexion sur le bien et le mal des pratiques (elle demeure tout de même consciente et consentante dans sa soumission; Caruso, 2016). Pour une personne dominante, ce serait plutôt le fait d’avoir le contrôle et le pouvoir sur les comportements de la personne soumise, de se faire servir par elle et de se sentir fière de la voir évoluer et s’épanouir dans son rôle (Caruso, 2016). Ce plaisir peut être sexuel, mais pas forcément. Il peut aussi s’agir de sensations de fierté, comme mentionné précédemment, ou encore du plaisir de se sentir important.e pour l’autre, du bonheur de combler les besoins et désirs de l’autre ou de voir ses besoins et désirs être comblés (Caruso, 2016). Puisque les jeux physiques (p. ex. discipline par coups) sont moins souvent mentionnés par les pratiquant.e.s de cet érotisme que les jeux psychologiques (p. ex. jeu de servitude et de prévenance; Bunny, 2018), peu d’informations sont disponibles au sujet des sensations corporelles ressenties spécifiquement dans le cadre d’un ménage de type années 50. On peut toutefois imaginer que ces sensations puissent avoir des points communs avec celles associées aux jeux de discipline physique et de douleur érotique (p. ex. pincer, gifler, mordre, taper, etc.), notamment l’éveil des sens et l’excitation mentale, physique et possiblement sexuelle (Caruso, 2016).

Comment expliquer cet érotisme d’un point de vue plus théorique?

S’il peut paraître difficile d’expliquer cet érotisme d’un point de vue théorique, certaines pistes de compréhension peuvent tout de même s’avérer éclairantes. Par exemple, d’après une perspective psychorelationnelle, cet érotisme pourrait découler d’une certaine anxiété associée à son identité sociale et personnelle. En effet, les personnes ont tendance à préférer un mode de vie qu’elles perçoivent comme congruent avec leur identité de genre (Barth et al., 2015). Par exemple, une femme pour qui la féminité se définit par le désir d’avoir des enfants, de les éduquer et de prendre soin des autres aura tendance à préférer une occupation qui, selon elle, s’aligne bien avec ces objectifs, notamment en restant à la maison à temps plein pour s’occuper du foyer (Barth et al., 2015). Or, aujourd’hui, de plus en plus de femmes choisissent des carrières professionnelles prenantes (Ezzedeen et Ritchey, 2009), ce qui peut contribuer à l’émergence d’une certaine pression sociale à adopter le mode de vie « de la majorité ». Il est donc possible que la femme dans l’exemple se sente attirée par un érotisme dans lequel elle peut jouir d’un mode de vie ou d’une expression de genre congruents avec sa subjectivité et ses valeurs. Cette analyse rejoint en partie une autre perspective, plutôt sociopolitique, en ce qu’elle implique de prendre en compte les dynamiques de pouvoir entre les partenaires, mais aussi les scripts et les normes associés aux rôles de genre, qui sont généralement stéréotypés dans cet érotisme et parfois aussi transgressés (p. ex. dans les « reverse households », où la femme domine et l’homme se soumet). Certains thèmes liés au 1950’s household kink rejoignent par ailleurs ceux liés aux érotismes en général, notamment l’aspect romantique idéalisé et monogamique ainsi que les rapports de pouvoir de type domination-soumission (Birnbaum, 2007; Caruso, 2016). De plus, l’incarnation d’un rôle, quel qu’il soit, qui permet de traduire et d’affirmer sa subjectivité et son identité de genre dans une relation où elles sont valorisées et encouragées peut permettre un épanouissement de soi et procurer un grand plaisir, un soulagement, tant dans le corps que dans l’esprit (Van Ness et al., 2017).

Aspects critiques à considérer

Le 1950’s household kink, comme tous les autres érotismes, se doit d’être pratiqué dans le consentement libre, éclairé et continu de toutes les personnes impliquées. En s’inspirant de philosophies de réduction des méfaits répandues dans les communautés BDSM, l’idéal serait de s’assurer que les kinksters prennent les responsabilités qui leur reviennent personnellement dans leurs échanges érotiques et qu’iels5 soient informé.e.s, c’est-à-dire qu’iels soient en mesure de nommer les activités auxquelles iels prennent part et les risques qui y sont associés (Lords, 2018). À partir du moment où c’est le cas, il est important de se rappeler que les érotismes existent pour apporter du plaisir et qu’en soi, il n’y a rien de mal à cela. C’est même tout l’intérêt des érotismes : leur unique fonction est de procurer satisfaction, soulagement et plaisir. Cela étant, la question demeure : à qui leur stigmatisation profite-t-elle?

1 La traduction de cette expression pourrait aller comme suit : « l’érotisme des ménages des années 1950 ». Tout au long de la chronique, les expressions « 1950’s household », « ménages des années 1950 » et « ménages des années 50 » seront utilisées de manière interchangeable. Elles désignent toutes le même érotisme.
2« Kinkster » est un mot d’argot qui provient de l’anglais et qu’il est difficile de traduire en français. Il désigne une personne qui ressent du plaisir en participant à des pratiques sexuelles considérées comme non conventionnelles ou qui éprouve du désir sexuel pour des circonstances ou des objets qui ne sont habituellement pas érotisés.
3 « Elleux » est un pronom neutre et inclusif qui peut désigner à la fois une somme de personnes s’identifiant tant au genre masculin que féminin, mais aussi les personnes dont on ignore le genre, celles s’identifiant à un autre genre ou ne s’identifiant à aucun genre.
4 Dans ce texte, le terme « femme » désigne une personne qui s’identifie au genre féminin, qui se considère comme féminine, que ce soit physiquement, mentalement ou émotionnellement. De la même manière, le terme « homme » désigne une personne qui s’identifie au genre masculin, qui se considère comme masculine, que ce soit physiquement, mentalement ou émotionnellement. Il s’agit donc d’une identité qui va au-delà de la notion de sexe biologique ou de genre attribué à la naissance.
5 « Iel » et « iels » sont des pronoms neutres et inclusifs qui peuvent désigner à la fois les personnes s’identifiant au genre masculin, celles s’identifiant au genre féminin et celles s’identifiant à un autre genre ou ne s’identifiant à aucun genre.

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Références
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Pour citer cette chronique :

Toupin, A. (2020, 29 septembre). Comprendre le 1950's household kink. Les 3 sex*https://les3sex.com/fr/news/1415/chronique-comprendre-le-1950-s-household-kink 

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