Michelle Caron-Pawlowsky

Chronique • La violence des mots du sexe

2 novembre 2020
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Veuillez prendre note que ce texte se penche sur les rapports hétérosexuels (et sur les mots les décrivant) entre les femmes et les hommes cisgenres. Il n’est pas exclu que le vocabulaire qui décrit les autres sexualités soit également oppressif. Toutefois, il ne sera pas abordé dans cette chronique-ci.

« Abuser d’une femme. En jouir charnellement, soit de gré, soit de force – mais le plus souvent de gré, les femmes se plaisant à être ainsi abusées » (Delvau, 1864, p. 3).

En 1864, Alfred Delvau recensait, dans son Dictionnaire érotique moderne, les mots utilisés pour parler de l’érotisme, et ce, peu importe leur portée et leur signification – le consentement n’étant alors pas un sujet d’actualité. Passant de la définition d’une expression aussi banale que « coucher avec une femme » à la définition d’une autre désobligeante comme « traîner son boulet » (« boulet » servant de métaphore à « femme »), Delvau souhaitait rendre compte de l’usage de l’époque, sans tabou. L’initiative, venant d’un autre siècle, prouve que la violence à l’égard des femmes dans le vocabulaire ne date pas d’hier.

La violence, explicite ou sous-jacente, du vocabulaire utilisé pour parler de la sexualité entre un homme et une femme est intimement lié à la façon de vivre cette sexualité. Encore aujourd’hui, les mots conservent cette violence, premièrement dans les insultes adressées aux femmes, deuxièmement, dans les mots qui contraignent les relations sexuelles à la pénétration, et troisièmement, dans les verbes utilisés pour faire référence à ces pénétrations. Il est difficile de dire si la sexualité des femmes est empreinte de violence en raison du vocabulaire qui la définit ou si c’est cette violence qui influence le vocabulaire, mais certainement, les rapports humains et sexuels en sont affectés. C’est pourquoi cette chronique se penchera sur ces trois aspects afin de démontrer comment le vocabulaire perpétue la violence que les femmes subissent encore aujourd’hui et y contribue.

Les connes et leur con

« Vagin » est emprunté au mot du latin classique « vagina » qui signifie ‘étui’ (Antidote, 2015). On comparait, au XVIIe siècle, « le pénis à une épée pénétrant son fourreau » (Antidote, 2015). Le vagin se voulait, déjà à l’époque, utilitaire pour la gent masculine qui voulait y ranger, comme une arme, son pénis, symbole de pouvoir et de violence. La métaphore de la pénétration n’est jamais bien loin. C’est ainsi que « vagin » porte le sens qu’on lui connaît aujourd’hui.

« Con », quant à lui, est tiré du latin « cunnus » qui signifie aussi ‘vagin’ (Antidote, 2015). Il l’a toujours désigné jusqu’à ce que son usage restreint laisse place à l’injure, car simultanément, on l’utilisait comme insulte proférée tant contre l’homme que la femme. Selon le Trésor de la langue française informatisé (TLFi), le « con », devenu insulte, symbolisait l’impuissance et la passivité de la femme : « C'est une impiété inepte d'avoir fait du mot “con” un terme bas, une injure. Le mépris de la faiblesse? Mais nous sommes si heureux qu'elles [les femmes] soient faibles. » (Michelet, 1857, p.331, cité dans le TLFi). Toutefois, autrefois au Québec (et encore aujourd’hui dans plusieurs pays de la francophonie), l’adjectif n’était pas accordé avec le nom qu’il qualifiait. On disait donc « Madame, vous êtes con! ». Le TLFi signale que le féminin « conne » voit le jour en 1959 dans Zazie dans le métro de Raymond Queneau : « Eh conne, dit la voix de Gabriel, si y a personne tu boucles la lourde. » (Queneau, 1959, p.179, cité dans le TLFi).

C’est ainsi que le premier sens de « con », « con » en tant que sexe féminin, a été délaissé au profit de son deuxième sens, l’insulte, qui se trouve toujours dans l’usage bien que sa connotation négative participant à un système d’oppression, celui de la femme, reste ignorée par la plupart. L’origine du mot « con.ne » et son glissement de sens sont en effet liés au sexisme de l’époque. Parce que la femme est perçue comme étant inférieure à l’homme, son sexe est utilisé en tant qu’insulte; « [...] comme l’exprime la philosophe Michela Marzano, par l’insulte on va sidérer l’autre et donc effacer sa subjectivité » (Chabot, 2017, p. 77). Le même phénomène se produira avec le mot « plotte », rendant productif et utilitaire l’utilisation des mots qui nomment le sexe des femmes pour injurier quiconque, mais surtout ces dernières.

Où sont passées les p(e)lotes?

Dans le discours courant, « vagin » et « vulve » sont confondus et les mots « chatte », « trou », « noune », « fente », « plotte », etc. sont utilisés pour parler du sexe féminin dans son entièreté. « Plotte » viendrait de pelote : « Boule formée de fils, de ficelles, de cordes » (Antidote, 2015). L’expression aurait pu rester une façon poétique de désigner les poils pubiens. Pourtant toujours selon Antidote (2015), il est possible d’utiliser le mot « plotte » de façon péjorative afin de parler d’une femme facile : « Il est venu avec une plotte ». « Plotte » aurait donc subi un glissement sémantique. Selon Mélanie Cunningham, professeure au département de Littérature de l’Université de Montréal, ce procédé consistant à utiliser une partie du corps pour désigner une personne est une figure de rhétorique, la synecdoque, celle-ci se dotant d’une forte connotation péjorative. Selon Catherine Chabot dans le Dictionnaire critique du sexisme linguistique : « Il y a dans l’insulte, dans la réduction de la femme à ce lexique de l’oppression, une forme d’appropriation où l’homme s’attribue la propriété du corps de la femme qu’il transforme en objet » (2017, p. 77).

En ce sens, plusieurs injures utilisées pour rabaisser la femme sont liées, selon le linguiste Pierre Guiraud, à un « […] système d’expression de la libido négative, qui affirme la valeur du sujet par la dévalorisation […] » (Guiraud, 1978, p. 128). À l’acception synecdotique de « plotte » s’ajoutent « catin », « garce », « pétasse », « pute », « traînée » et « salope ». En plus de dévaloriser la femme dans sa sexualité en la réduisant à un rôle sexuel, ces derniers qualificatifs participent au mépris du travail du sexe puisque, encore selon Antidote (2015), ces vocables sont utilisés de façon offensante et vulgaire pour désigner une travailleuse du sexe. Pourtant, on ne les utilise pas pour couvrir d’injures que ces dernières, mais bien n’importe quelle femme exerçant n’importe quelle profession. Ces insultes sont proférées contre les femmes vivant une sexualité épanouie, libérée ou qui sortirait de la norme. Le désir féminin est stigmatisé dans la société et donc, réprimandé. Ainsi, les femmes se font slut-shamer pour leurs désirs.

À cela, Pierre Guiraud répond que c’est l’« aliénation et [la] dévalorisation de la féminité en tant qu’objet érotique qui font que toute femme est une putain en puissance » (Guiraud, 1978, p. 128).

Les rapports préliminaires

Comme écrit précédemment, les mots sont utilisés pour garder du pouvoir sur les femmes, mais ils ont aussi un impact sur la façon de concevoir une réalité. Le mot « préliminaire » en est un exemple. En effet, toujours en lien avec la sexualité des femmes, les sites Internet populaires dédiés à un public féminin tels que Aufeminin, Canal Vie ou Doctissimo insistent régulièrement sur l’importance des préliminaires. Ils répandent l’idée fausse que les préliminaires sont indispensables pour préparer les partenaires (principalement la femme) à l’acte sexuel. Toutefois, ces sites ont en commun de ne pas présenter les préliminaires comme une relation sexuelle en soi. Pourtant, les comportements sexuels multiples y sont abordés : la tendresse, les baisers, la masturbation, le sexe oral, etc. Maïa Mazaurette dénonce, dans son essai Sortir du trou, lever la tête, le fait que certains hommes peuvent aussi penser ainsi, c’est-à-dire que les préliminaires ne font pas partie de l’acte sexuel : « Quand ils [les hommes] persistent à parler de “préliminaires” pour les pratiques sexuelles destinées au plaisir féminin » (2020, p. 87).

D’autres exemples :

  • Sur le site Web de Tel-jeunes (s. d.), ressource pour les jeunes du Québec, il est possible de lire la question suivante : « Y a-t-il des préliminaires avant chaque relation sexuelle? »;
  • Sur le site de Canal Vie (s. d.), cette affirmation : « Certaines femmes détestent les préliminaires. Hé oui! Comme ces messieurs, elles veulent aller droit au but. »; 
  • Sur PasseportSanté (2017) : « Les préliminaires amoureux sont des échanges non pénétratifs qui préparent le corps et l’esprit à l’acte sexuel. »

C’est dans sa définition même que le mot « préliminaire » est problématique. Antidote (2015) décrit : « Les préliminaires : faits, évènements, actions qui préparent quelque chose de plus important. Les préliminaires amoureux. » Sensiblement identique sur Le Grand Robert en ligne, la définition ajoute : « Les préliminaires (à l'acte sexuel), faisant monter l'excitation des partenaires » (Le Grand Robert en ligne, s.d). Le « pré- » de « préliminaires » n’agit pas comme le préfixe signifiant ‘avant’, puisque le sens de « préliminaires » ne vient pas de l’addition du sens de l’affixe « pré- » au sens du lexème « liminaire ». Néanmoins, l’utilisation de « préliminaires » sur les sites Web mentionnés précédemment suggère qu’ils sont malgré tout une ou des actions produite.s avant « [...] un évènement, un acte [...] plus important » (Le Grand Robert en ligne, s.d.), le « quelque chose de plus important » étant la pénétration, aussi nommée « acte sexuel », « relation sexuelle » ou « but » dans ces références. Cet usage est erroné, car une relation sexuelle est un rapport (de nature sexuelle) entre des personnes. Une relation sexuelle n’est pas la pénétration, bien qu’elle puisse en faire partie. Toutefois, la plupart des femmes ne considèrent pas avoir eu une relation sexuelle avec un partenaire s’il n’y a pas eu de pénétration. Le même problème se produit dans la langue de bell hooks, car un manque de constance dans ce qu’on définit comme étant le « sex » a été constaté par les auteur.e.s de l’article Defining (Hetero)Sex: How imperative is the “coital imperative”?. Certain.e.s participant.e.s de l’étude le réduisent à une pénétration vaginale dans un premier temps tout en admettant que d’autres activités sexuelles sont aussi du sexe, alors que d’autres reconnaissent que le concept de sexe englobe plus de pratiques que la pénétration, mais utilisent tout de même le mot « sexe » comme synonyme de « pénétration » (McPhillips et al., 2001). Selon Mazaurette, la femme est réduite à son vagin dans le contexte sexuel et c’est pourquoi la relation sexuelle est ensuite réduite à la pénétration : « Le pénis a un agenda, qui est de faire advenir le trou » (Mazaurette, 2020, p. 45). Le mot « préliminaire » n’est donc pas à lui seul responsable des rapports sexuels pénétrocentrés, mais il n’aide pas la cause.

Accord et soumission

L’importance de la pénétration dans les relations sexuelles est aussi remise en question par plusieurs miliant.e.s. Le rapport de possession et de domination par l’homme pendant l’acte sexuel est questionné dans Coïts, un essai écrit par la féministe de deuxième vague Andrea Dworkin. Elle avance que la pénétration, soit l’homme au-dessus de la femme et en elle, équivaudrait à la posséder. « Il la prend, ou, quand il a terminé, il l’a prise » (Dworkin, 1987, p. 85). Du côté du vocabulaire, c’est en 1978 que Pierre Guiraud s’est penché sur les mots érotiques en expliquant : « Mais c’est toujours la même voix – celle des Dieux, des Rois et des Pères – qui proclame et érige la puissance, l’autorité et la domination du mâle. Ajoutons que ce langage est d’origine entièrement masculine; que les femmes n’y ont sans doute eu aucune part – au moins jusqu’à une date très récente, et encore. » (Guiraud, 1978). Il dénonce le vocabulaire sexiste créé par l’homme pour l’homme pour parler de la sexualité. Ce vocabulaire n’est pas inoffensif dans sa sémantique et mettrait énormément l’accent sur la pénétration. En effet, les verbes associés à l’érotisme hétérosexuel représentent presque exclusivement la pénétration, plus précisément la relation pénétrant-pénétrée. « En fait, il suffit qu’un homme mette n’importe quoi dans le n’importe quoi d’une femme pour que l’image s’actualise. Mais elle est d’autant plus dynamique qu’il s’agit d’un instrument doté d’énergie, de force de pénétration et d’agressivité, qui sont les composantes sémiques de l’organe et de l’acte sexuels » (Guiraud, 1978, p. 118).

Voici quelques-uns de ces verbes :
Luc baise Marie;
Luc bang Marie;
Luc déchire Marie;
Luc défonce Marie;
Luc empale Marie;
Luc se fait Marie;
Luc fend Marie;
Luc fouille Marie;
Luc fourre Marie;
Luc met Marie;
Luc nique Marie;
Luc est passé sur Marie;
Luc pine Marie;
Luc se pogne Marie;
Luc possède Marie;
Luc prend Marie;
Luc saute Marie;
Luc ramone Marie.

« Quand ils [les hommes] disent “Je vais me la faire” – douce expression, n’est-ce pas, tellement commune, qui dit que pénétrer une femme a pour conséquence de la modeler en entier, de la faire advenir » (Mazaurette, 2020, p. 87).

Le profil se dessine : d’un point de vue syntaxique, le pénétrant est homme, son pénis lui permettant de recevoir ce rôle, et la pénétrée est femme, son vagin recevant le pénis. Par conséquent, l’homme est le sujet et fait une action sur la femme qui est l’objet, car ces verbes sont transitifs et doivent être accompagnés obligatoirement d’un complément. Un rapport de domination est alors créé. Guiraud abonde dans ce sens : « Sous sa forme la plus générale, l’amour physique est une relation […] Or c’est ce qu’est grammaticalement le verbe, une copule, le moyen et le signe de la relation entre le sujet et le prédicat. Les relations transitives qui expriment l’action d’un sujet-agent masculin sur un objet-patient féminin sont de loin les plus riches dans ce système […] » (Guiraud, 1978, p. 110).

Un autre fait intéressant est que ces phrases sont sémantiquement irréversibles. Un schéma de représentation qui est de l’ordre de la domination et de la soumission est donc préservé coûte que coûte. Outre dans les cas de passivation (« Marie est pinée par Luc », où au final, celui qui fait l’action et celle qui subit l’action restent les mêmes), l’objet et le sujet ne peuvent être inversés. Il n’est pas possible de dire (sauf si, bien sûr, un strap-on est impliqué) : « Marie empale Luc », « Marie met Luc », « Marie prend Luc ». Quelques-uns de ces verbes pourraient être réversibles, mais l’usage ne fait pas l’unanimité. Pouvons-nous dire « Marie baise Luc », « Marie est passée sur Luc », « Marie possède Luc »? L’usage en français québécois fait croire que de telles formulations sont nettement moins répandues1 en raison de l’étonnement ou de l’incompréhension qu’elles peuvent susciter. La femme est donc assignée à un rôle de passivité. Comme le dit l’invité Martin Page, auteur de l’essai Au-delà de la pénétration, dans le cadre de l’épisode « Pénétrer » du balado Les couilles sur la table (2019) : « C’est toujours assigner la femme à un être en attente, passif, qui ne peut pas être actrice de son plaisir. »

D’un point de vue sémantique, ces verbes se retrouvent dans le champ lexical de la violence, de la domination. Ils ont tous un sens autre que celui relié à la sexualité, à l’acte de pénétration. Et ces premiers sens ne sont pas nécessairement violents en soi. Luc qui déchire une feuille de papier, Marie qui défonce un mur, Marie qui possède une maison. Ces verbes, mis en relation avec des êtres humains, orchestrent des scènes où l’agression voit le jour. C’est d’ailleurs ce que dénonce Marilyse Hamelin dans le Dictionnaire critique du sexisme linguistique sous l’entrée prendre :

« Il faut éradiquer une fois pour toutes le romantisme et l’acceptabilité sociale de l’homme qui “prend” la femme […] Dire qu’un homme prend une femme alimente la culture du viol » (Hamelin, 2017, p. 159).

Transition vers la solution

Comme les autres verbes mentionnés ci-haut, le verbe « fourrer » est transitif : il requiert un sujet qui fait une action à un objet direct. Le pâtissier fourre le beigne. Luc fourre Marie. Pourtant, il est maintenant possible de dire Marie fourre avec Luc ou Luc fourre avec Marie. À travers les années, l’usage a changé le sens du verbe « fourrer » pour ne plus représenter uniquement l’acte de pénétration, mais bien une relation sexuelle. Un glissement syntaxique a lieu : le complément direct n’est plus nécessaire, il est remplacé par le complément instrumental, introduit par la préposition « avec ». Cette préposition ferait toute la différence. C’est ainsi que « Luc fourre Marie » devient « Luc fourre avec Marie » et c’est applicable avec certains autres verbes décrivant une relation sexuelle (p. ex. baiser). Avec « fourrer », il est aussi permis de retirer le complément : Luc et Marie ont fourré. S’agirait-il de la bonne voie vers un vocabulaire plus collaboratif? Effectivement, ce serait une suggestion pour contrer ces écarts de langage qui participent au sexisme ordinaire en lien avec la sexualité. Il suffirait de ne pas utiliser des verbes qui exigent un rapport de domination en lien avec la pénétration ou qui utilisent un imaginaire lié à la violence : faire l’amour avec, coucher avec, avoir une relation sexuelle avec, baiser avec.

En conclusion, la violence contre les femmes s’immisce de plusieurs façons dans notre vocabulaire. Ce dernier participe au sexisme ordinaire lorsque des insultes telles que « con.ne », « plotte » et « pute » sont lancées. De plus, le sexe des femmes et leurs sexualités sont utilisés contre elles pour les dénigrer. Elles sont maintenues dans une position de soumission face à l’homme lorsque des verbes décrivant la pénétration les placent comme objets ou comme êtres passifs, en plus de décrire des actes violents participant ainsi à la culture du viol et à la banalisation des agressions contre elles. Aussi, le plaisir des femmes est potentiellement mis de côté lorsque la pénétration est considérée comme l’acte sexuel en soi et lorsque les pratiques qui contribuent souvent à l’orgasme sont appelées « préliminaires ». Il est sous-entendu qu’elles ne sont que des mises en bouche. Les solutions passent par un changement de vocabulaire. Elles passent aussi par l’arrêt des insultes oppressives et par le choix éclairé de mots décrivant une relation sexuelle. Et bien entendu, il est certain que la clé ne se trouve pas seulement dans le vocabulaire et dans l’élimination du mot « préliminaire ». Un bon début serait de considérer tout ce qui est relié à la sexualité (baisers, proximité, sexe oral, masturbation, etc.) comme faisant partie intégrante de la sexualité, la pénétration n’étant pas la cerise sur la coupe glacée. « Martin Page rêve d'un monde où, entre autres exemples, on pourra dire, sans s'attirer moquerie, réprobation ou pathologisation : “J'ai fait l'amour avec cette personne : nous nous sommes embrassé[.e.]s et caressé le dos.” » (Messias, 2019).

1En linguistique, c’est l’expérience des locuteurs natifs et des locutrices natives qui déterminent si une phrase est grammaticale ou non. En effet, tout le monde est son ou sa propre expert.e de la langue qu’il ou elle parle. Ainsi, une phrase pourrait être jugée grammaticalement incorrecte, et donc proscrite, selon les normes de l’Office québécois de la langue française par exemple, mais elle pourrait être grammaticale à l’oral pour certaines personnes dont c’est la langue maternelle. Cette pratique se base sur le fait que chacun.e a son idiolecte, car les pratiques langagières sont propres aux individus et malléables selon des facteurs sociaux (l’âge, le genre, les classes sociales, etc.) et la situation de communication.

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Références
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Pour citer cette chronique :

Forget, A. (2020, 2 novembre). La violence des mots du sexe. Les 3 sex*https://les3sex.com/fr/news/1504/chronique-la-violence-des-mots-du-sexe 

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